LE GHETTO CINEMATOGRAPHIQUE : LES PREMICES

La représentation du ghetto noir sous toutes ses formes dans le cinéma américain n’est pas l’apanage des années 1990. En effet, dès la fin des années 1960 nombreux sont les films dont l’action principale se déroule dans les ghettos.

La Blaxploitation

Courant cinématographique marginal à ses débuts à la fin des années 1960 la Blaxploitation, contraction des termes black et exploitation devient un courant cinématographique populaire au début des années 1970. La Blaxploitation s’est définie comme un courant en opposition au cinéma dit mainstream,  c’est à dire celui  produit par les grands studios hollywoodiens, qui cantonne depuis ses débuts les Noirs dans des rôles stéréotypés (la Mammy, le Coon, l’Uncle Tom, la Tragic Mulattoe…).

Hattie McDaniel dans Gone with the Wind (Victor Fleming, 1939). Ce rôle, qui lui a permis d'être la première africaine-américaine a obtenir un oscar, reste l'incarnation de l’archétype de la mammy (la servante noire, obèse et bruyante) dans lequel les actrices noires ont longtemps été cantonnées.

Des films comme Cotton Comes To Harlem (Ossie Davis, 1970), Shaft (Gordon Parks Jr., 1972), , Superfly (Gordon Parks Jr, 1972) et The Mack (Michael Campus, 1973)  font évoluer leurs personnages, essentiellement noirs, dans des environnements urbains.

Les problématiques sociales urbaines comme les ravages de la drogue et la lutte contre celle-ci, les relations tendues avec la police, la dégradation de l’habitat y aussi abordées.

Les films de la Blaxploitation ont amené un renouvellement des archétypes noirs dans le cinéma américain avec des personnages comme le dealer, le street hustler (le débrouillard) ou encore le pimp (le proxènete) ancrés dans un environnement urbain en opposition aux stéréotypes noirs précités qui étaient essentiellement ruraux.

Les films urbains des années 1970 et 1980

Vers la fin des années 1970, plusieurs films dont l’action se déroule dans le ghetto noir sont réalisés. Comme la Blaxploitation ces films se font l’echo des problématiques sociales urbaines de l’époque.

Parmi ces films on peut citer :

  • The Warriors (Walter Hill, 1979) traite des guerres de gangs.
  • Robocop (Paul Verhoeven, 1987) qui malgré son action située dans un futur relativement proche aborde des thèmes associés à la situation des ghettos dans les années 1980.
  • Colors (Dennis Hopper, 1988) évoque les relations entre la police et la population des ghettos, surtout les jeunes,  vues à travers les yeux d’un jeune policier incarné par Sean Penn.
  • Do The Right Thing (Spike Lee, 1989), bien que moins « sombre » que les films précités Do The Right Thing aborde aussi les problématiques sociales dans les ghettos comme les relations entre les différentes communautés ethniques ou encore les relations tendues avec la police.

© droits déposés. Les articles présents sur ce blog sont la propriété intellectuelle de leur auteur. En cas de citations, mentionner l’url du lien.