LE GHETTO NOIR DE LA SECONDE MOITIE DU XXe SIECLE


L’après seconde guerre mondiale est marqué aux États-Unis par la montée en puissance du Mouvement pour les droits civiques. Initié par un mouvement de boycott des transports en commun de la ville de Montgomery (Alabama)  mené par Martin Luther King Jr. en 1955, le Mouvement pour les droits civiques entend lutter pour la fin de la ségrégation raciale dans le sud des États-Unis en utilisant la non-violence.

Si dans un premier temps l’action de Martin Luther King Jr. et de son organisation, Southern Chistian Leadership Conference (SCLC), se concentre sur les états du sud des États-Unis, là où la ségrégation est la plus violente. Au milieu des années 1960, après avoir obtenu des avancées politiques avec  notamment le vote du Civil Rights Act en 1964,  Martin Luther King Jr. oriente son action politique vers les quartiers urbains noirs du nord.  Il s’installe alors  avec son organisation dans le South Side de Chicago et mène plusieurs actions pour la déségrégation spatiale à Chicago. En 1966, il organise une marche pour le logement dans le quartier exclusivement Blanc de Gage Park où il doit faire face à l’agressivité de habitants opposés à la déségrégation de leur quartier.

Face à cette importante opposition, implicitement soutenue par les autorités de la ville de Chicago, l’action de Martin Luther King Jr en faveur de la déségrégation est un échec.

A la fin des années 1960 (1967-1968) de nombreux quartiers urbains noirs connaissent de violentes émeutes. Ces émeutes trouvent leur explication dans la situation de plus en plus difficiles des ghettos noirs et ce malgré le vote de lois sensées améliorer les conditions des Africains-américains.

La mutation des ghettos

Avec la mise en place des lois destinées à mettre fin à la ségrégation les ghettos changent de visage.

Il y a d’abord une fuite des habitants les plus aisés. En effets, ceux-ci n’étant plus contraints de vivre dans des quartiers séparés quittent les quartiers urbains noirs pour des quartiers jugés plus favorables, et anciennement habités par des Blancs qui eux commencent leur grand exode vers les banlieues où ils forment des communautés plus ou moins fermées. Le départ des Noirs les plus aisés entraîne une dégradation économique et structurelle des quartiers noirs, qui s’ajoute à l’augmentation du chômage due à la fermeture des usines . En effet, les impôts bien souvent payés par les foyers les plus riches permettent de faire fonctionner les services publics comme les écoles. Sans l’apport de ces  impôts bien des municipalités se retrouvent rapidement démunies.

Il faut aussi prendre en compte les politiques économiques et sociales conservatrices mises en place dans les années 1980 par le président  Ronald Reagan afin de diminuer les dépenses de l’Etat jugées trop importantes.

Représentation des deux célèbres gangs noirs de Los Angeles: Les Bloods et les Crips

Dans les années 1970 et 1980, les ghettos sont touchés par l’augmentation de la criminalité. Notamment celles liées aux gangs. Si ils ont toujours existé dans les quartiers urbains noirs les gang connaissent un développement important dés les années 1970 et s’organisent comme de véritables entreprises. Cette expansion des gangs est liée au développement du commerce de la drogue dans les quartiers noirs, notamment des drogues bon marché comme le crack, dérivé de la cocaïne, qui provoque de véritables ravages sanitaires et sociaux.

La situation explosive des années 1990

A la fin des années 1980, la criminalité est telle dans les ghettos que certains villes se dotent de lois répressives connues sous le nom Tolérance Zero. L’exemple le plus connu d’application de cette doctrine est la ville de New York où le maire Rudolf Giuliani la met en pratique dés 1994.

Si la politique de Tolérance Zéro a permis une baisse significative de la criminalité à New York celle-ci fit l’objet de nombreuses critiques sur son caractère uniquement répressif et sur certaines de ses dérives, notamment les bavures policières.

En 1992, de violentes émeutes éclatent dans le quartier de Watts à Los Angeles. Ces émeutes sans précédent depuis les grandes émeutes de la fin des années 1960 font suite au verdict du procès de l’affaire Rodney King. L’affaire débute l’année précédente lorsqu’un automobiliste noir, Rodney King, est passé à tabac par quatre policiers blancs. Filmé par un amateur l’affaire devient très médiatique et le verdict du procès qui innocente les quatre policiers provoque la colère de la communauté africaine-américaine.

Les émeutes de Los Angeles ont aussi des raisons bien plus profondes que celles de l’affaire Rodney King.

Les tensions entre les Noirs et les nouvelles populations migrantes comme les Hispaniques et les Coréens, dont les boutiques implantés dans les ghettos noirs sont largement vandalisées durant les émeutes, les relations difficiles avec les institutions étatiques comme la police mais aussi, et surtout, le sentiment d’abandon de toute une frange de la communautés noire qui n’a pas pu profiter des apports du Mouvement pour les droits civiques et qui a subit de plein fouet une forte dégradation sociale sont aussi à prendre en compte.

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